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Infos médicales : Traitement

 

QUOI DE NEUF DANS LA RECHERCHE SUR
L'HEPATITE C ?

La grande réunion 2007 annuelle américaine a eu récemment lieu à Boston et voici les points particuliers :

- Concernant le risque de transmission, l'impact des tatouages a été très fortement souligné constituant un facteur de risque x 4 par rapport à la population générale, ce qui est notable. Le tatouage est par ailleurs nettement plus à risque que le piercing.

- Concernant l'histoire naturelle de la maladie une fois traitée, dans les cas les plus sévères c'est à dire les cirrhoses, il vient d'être clairement démontré que l'obtention d'une bonne réponse prolongée avec guérison donc virologique constitue une réduction importante des facteurs de complication de suivi. Ainsi, les malades virologiquement guéris ont moins de risque d'avoir une hémorragie digestive, une poussée d'ascite et surtout il y a une forte réduction du risque du cancer du foie. Toutefois, cette étude montre que ces risques ne sont pas réduits à zéro et qu'une cirrhose, même inactive et sans virus, nécessite une surveillance spécifique régulière, environ tous les 6 mois, comme d'ailleurs les autres cirrhoses inactives.

- Un autre facteur de risque apparaît prendre particulièrement de l'importance : c'est le surpoids, avec le cortège de la stéatose ou de la stéato-hépatite métabolique et l'insulino-résistance. En effet, non seulement dans cette situation la progression de la fibrose est nettement plus rapide avec donc une plus grande proportion de cirrhose et plus vite, mais le risque de cancérisation est également fortement accru. On voit même apparaître les premiers cas de cancers du foie sur foie non cirrhotique. Au-delà de cette accélération de l'histoire naturelle, l'insulino-résistance apparaît également s'associer à une plus grande virémie et donc une plus grande difficulté à réaliser l'éradication virale avec les traitements actuels.
Ces travaux récents montrent donc l'importance d'essayer de mieux contrôler les problèmes de nutrition, d'exercice physique pour restaurer la santé le mieux possible mais également pour donner de meilleures chances sur l'histoire de l'hépatite C.

- En ce qui concerne la thérapeutique anti-virale elle-même : de nombreux travaux ont souligné l'importance d'un suivi virologique précoce à 4 semaines et non pas simplement à 12 semaines.
Cela permet de définir plusieurs groupes de répondeurs en cours de traitement :
- les répondeurs rapides sont ceux dont l'ARN du virus C devient absent dès 4 semaines de traitement. C'est la meilleure situation et les chances de guérison sont très élevées lorsque le traitement est poursuivi jusqu'à son terme.
- les répondeurs précoces sont ceux dont l'ARN HCV est encore présent à 4 semaines mais non détectable à 12 semaines et cela également ont une situation favorable.
- les répondeurs partiels sont les patients qui ont une baisse de l'ARN du virus de plus de 2 logs (plus de 100 fois) par rapport à la valeur de base, mais qui restent tout de même détectables à 12 semaines. Ces patients sont sujets plus souvent à être rechuteurs au décours du traitement. La prolongation du traitement doit donc être discuté suivant la tolérance et suivant également le génotype. Ainsi, un patient de génotype 2 ou 3 dans une telle situation aura intérêt à poursuivre son traitement sur 48 semaines au lieu de 24. Pour les patients de génotype 1 et 4, un traitement prolongé sur 72 semaines pourrait être discuté avec le patient. Ce suivi virologique nécessite bien entendu de disposer de bons tests virologiques et d'utiliser les mêmes pour faire des comparaisons. Les 2 tests actuellement largement disponibles et les plus sensibles sont les RTPCR temps réel, TaqMan ou Abbott dont les seuils de sensibilité sont aux alentours de 12 ou 15 UI.

- En ce qui concerne les nouvelles stratégies de traitement :
Plusieurs travaux ont été présentés orientant vers le renforcement des doses des médicaments actuellement disponibles. L'étude REPEAT, effectuée chez des non répondeurs avec renforcement du traitement sur le premier trimestre, indique néanmoins que ces doses prolongées doivent être réalisées sur une période plus longue que 3 mois pour espérer avoir un gain substantiel. Il est intéressant de noter que cette question a déjà été appréhendée avec un autre protocole, déjà commencé, (Protocole SYREN) actuellement en cours dans le Languedoc-Roussillon.

- En ce qui concerne les traitements d'entretien :
les nouvelles sont un peu décevantes. En effet, globalement une première étude montre certes des baisses de transaminases et baisse de virémie par rapport à des personnes non traitées mais le gain sur la fibrose n'est pas flagrant. Il serait donc important de regarder particulièrement ce qui se passe chez les patients qui paraissent en bénéficier le plus, c'est à dire ceux qui ont
une véritable normalisation des transaminases. Cela souligne aussi l'intérêt du Protocole NRFi, test engageant un traitement d'entretien avec ou sans RIBAVIRINE sur une période de 2 ans.

- En ce qui concerne les nouvelles molécules, des espoirs réels sont apportés avec des anti-protéases ou des anti-polymérases. Celles actuellement disponibles ne peuvent être utilisées seules sans traitement classique INTERFERON, RIBAVIRINE, pour obtenir une éradication virologique prolongée.
D'autres molécules, encore plus nouvelles, commencent à être testées. Deux d'entre elles sont disponibles maintenant dans le cadre d'essai thérapeutique au Pôle de Référence Hépatites C du CHU de Montpellier : une nouvelle anti-polymérase et une nouvelle anti-protéase pour les patients atteints d'hépatite de génotype 1.

- En ce qui concerne les patients co-infectés VHC - VIH, les travaux présents soulignent fortement l'importance de prendre en charge les patients avant d'atteindre le stade de cirrhose ou pire encore les signes de décompensation de la cirrhose, tels qu'une ascite. En effet, même arrivé à ce stade de décompensation, les chances d'aboutir à une transplantation sont malheureusement réduites. Ceci incite donc à prendre en charge ces co-infectés et à leur proposer un traitement d'hépatite C qui, maintenant, est le facteur prédominant du pronostic vital.

- Concernant le cancer du foie, un nouveau traitement par voie orale vient de sortir portant beaucoup d'espoir : le SORAFENIB, à prise orale et apparemment avec une tolérance tout à fait bonne sur les tests préliminaires. Ce produit permet de limiter l'extension vasculaire de la tumeur et donc de réduire l'évolution de l'hépato-carcinome. C'est donc un atout supplémentaire de la prise en charge des tumeurs multiples ou tumeurs relativement évoluées qui ne pourraient pas bénéficier des traitements d'éradication en place.

1° - Protocoles thérapeutiques de recherche clinique tournant autour de l'hépatite C accessibles au Pôle de Référence Hépatites :
Anti-polymérase phase 1 : patients naïfs, rechuteurs ou non répondeurs
Anti-protéases : patient de génotype 1 jamais traités
Protocole SYREN ouvert à des patients atteints d'hépatite C de génotype 1, non répondeurs à un premier traitement par PEGASYS-COPEGUS.
Protocole NRFi ouvert aux patients ayant une fibrose au moins moyenne, supérieure ou égale à F2 et n'ayant pas répondus virologiquement à un traitement d'éradication virale fait au moins pendant 3 mois de façon satisfaisante.

2 °- Protocoles hépatite B :
Protocole NEPTUNE ouvert aux patients jamais traités pour une hépatite B chronique associée à l'antigène Hbe positif.
Protocole FIBROSAR ouvert aux non-répondeurs à un traitement antérieur avec fibrose supérieure ou égale à F2 et non tolérants à I'INTERFERON ou la RIBAVIRINE. La molécule testée est un nouvel anti-fibrosant


LE TRAITEMENT DE L'HEPATITE C


Son but est de guérir de l'infection virale et de l'hépatite C ou de réduire leurs complications.

Il repose actuellement le plus souvent sur l'association de deux médicaments :
l'interféron (Viraféronpeg® ou Pégasys® et la ribavirine (Rébétol® ou Copégus®).

La durée du traitement peut varier de 24 semaines à 48 semaines selon le génotype.

Il n'existe pas de vaccin contre l'hépatite C.

Effets secondaires du traitement :

Le rôle du généraliste est important dans la gestion des effets secondaires.

A connaître pour bien gérer les conséquences :
        - syndrome pseudo grippal,
        - trouble de l'humeur,
        - sécheresse des muqueuses,
        - sécheresse de la peau,
        - anorexie, …

Si besoin orienter vers d'autres Professionnels de la santé (psychologues,
dermatologues…)

L'efficacité du traitement :
Le traitement assure une guérison dans 50 à 80% des cas selon le génotype.

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"Hépatite virale C :
Place du traitement chez le dialyse"


Pourquoi traiter ? Qui traiter ?
Quand traiter ? Comment traiter ?
Dr. Valérie HYRAILLES
(service de gastro-entérologie-CH Béziers)

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